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EN CE TEMPS-LÀ, FACHES-THUMESNIL

Association Culturelle et Historique de Faches-Thumesnil.
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LES REFUGIES ET RAPATRIES DE FACHES-THUMESNIL.

Il y eut au moins deux responsables allemands à Faches-Thumesnil. Le capitaine Biersack, signataire d’avis affichés en ville en avril et août 1916. Et aussi un capitaine Müller à une date non connue.

Que voici.

"Quand la délivrance d’une autorisation est confiée à des brutes, on est exposé à mille vexations ; Ce fut le cas, notamment, pour Thumesnil. Là régnait en maître un ignoble soudard : le capitaine Müller. Dès 5 heures du matin les habitants de cette petite localité aux portes de Lille, venaient à son bureau pour obtenir autorisation de se rendre à leurs occupations au centre de la ville. Jusqu’à 9 heures, 10 heures, par la neige, le vent ou la pluie battante, on les faisait attendre. Un jour, l’immonde personnage ouvrit sa fenêtre et, narquoisement, cria :

- Aujourd’hui je ne reçois que les jolies femmes, les autres peuvent s’en aller.

Ce fut ce même capitaine Müller qui, au milieu de l’été, mangeait tranquillement une assiette de fraises pendant que la foule attendait et qui, ses fraises terminées, lui cria :

- Maintenant je vais digérer, revenez demain.

Une autre fois il répondit à une pauvre vieille :

- Un laissez-passer ? Mais pourquoi ne le demandez-vous pas à M. Poincaré ou au général Joffre. Ecrivez-lui, il vous l’enverra !

Le président de la République était sa bête noire. Mais un jour qu’il avait trop fêté la bouteille et qu’excité par les libations il se livrait à ses colères habituelles, il prit le portrait de l’empereur suspendu dans son cabinet pour cible ! Les fumées de l’alcool lui faisaient confondre les deux chefs d’état et on put voir l’impériale figure recevoir les coups de poing destinés à un autre ! Les soldats, ahuris, contemplaient avec discipline leur supérieur se livrant à cette boxe sacrilège [note]."