mini

EN CE TEMPS-LÀ, FACHES-THUMESNIL

Association Culturelle et Historique de Faches-Thumesnil.
mini
Articles à découvrir

Fernandel et la Reina
C’est le 7 octobre 2013 que la nouvelle éclate dans les journaux belges et sur les chaînes de télévision. Un film publicitaire inédit, datant des années trente, et mettant en scène le chanteur et acteur populaire français Fernandel a été récemment découv ...

Lire la suite

Les Géants ont le vent en poupe
Lille a vu le 10 juillet 2004, défilé dans ses rues d'environ 230 géants. Cette année le 24 août le Stade de France devrait voir le rassemblement de soixante géants nordistes invités par le Secours Populaire pour célébrer son soixantième anniversaire. Dan ...

Lire la suite

La relique, une inquisition du roi des Estimaux

Un murmure d'épouvante parcourut l'assistance.

- C'est une catastrophe ! Comment cela s'est-il passé ? Pardon, je manque à mes devoirs. Prenez place parmi nous et restaurez-vous d'abord, Chevalier. Vous et votre… compagnon ?

- Merci, Seigneur. Mon domestique mangera en cuisine - il dit quelques mots en arabe au Seldjouki qui s'inclina et disparut, non sans que tous deux eussent aperçu, fascinés, la châsse d'argent et son contenu. - Ils ont été trahis, déclara le Teutonique après une bouchée de venaison. Alité par suite des fièvres, le Roi avait demandé une trêve. Mais un félon fit croire aux chevaliers que le Roi était captif de l'Emir qui le tuerait s'ils ne se rendaient pas. Ce qu'ils firent, la mort dans l'âme. Et depuis, tous sont prisonniers des Sarrasins qui, outre les traitements infâmes qu'ils leur infligent, exigent une rançon exorbitante.

Un silence de plomb succéda à ces paroles.

- C'est grand deuil pour le royaume, articula sombrement Jean de la Haye. Mes amis, ce joyeux festin était de toute façon terminé, donc je vous invite à regagner vos chambrées et à prier pour notre bon roi avant de prendre quelque repos. Demain, le père Clément célèbrera dans la chapelle du manoir une messe à laquelle je vous convie tous.

cliquez pour agrandir...
Septième croisade: Arrestation de Louis IX of France.
(Bibliothèque nationale de France, Français 22495, fol. 294v)
Guillaume de Tyr (1337)

C'est à l'aube qu'on entendit hurler la vieille Catherine. Toujours levée la première, c'est elle qui rallumait les fourneaux. On se précipita. Elle tremblait de la tête aux pieds en désignant sur le dallage de la cuisine le corps désarticulé de la danseuse égyptienne baignant dans son sang. Jean de la Haye écarta rudement les badauds qui se pressaient et s'agenouilla devant le cadavre. Ses réflexes d'officier de justice prirent instantanément le dessus.

cliquez pour agrandir...- Elle a été frappé de quatre… de cinq coups de couteau - une dague effilée, visiblement - dont deux ont atteint le cœur - il regarda alentour et ne vit aucune lame qui eut pu causer telles blessures - Elle est déjà froide : la mort remonte aux premières heures de la nuit. Posez-la sur cette table et retirez-vous tous. Dame Emmeline, vous examinerez cette malheureuse et me direz si elle a subi un outrage. Sergent Gautier, rassemblez ses compagnons afin que je les interroge.

Jean rejoignit les saltimbanques dans la basse-cour. Mal réveillés, ils étaient atterrés par la nouvelle. L'ours de l'Egyptienne, enchaîné à un anneau, tirait nerveusement sur son lien.

- Qui est son homme ?

- Aucun de nous, Monseigneur. Myriam était une fille farouche qui défendait sa liberté bec et ongles. Elle avait toujours sur elle une petite dague et les plus hardis d'entre nous ont récolté quelques cicatrices sur leur panse en espérant lui chiper sa vertu.

- Où étiez-vous, tous, vers vigiles ?

- Dans le fenil où nous dormions comme sonneurs. Votre Seigneurie a été si généreuse envers nous que nous avons tous un peu abusé de votre gouleyant vin à la cannelle, hier soir.

- Myriam dormait à l'écart, près de son ours. Dans mon demi-sommeil, j'ai cru l'entendre quitter le fenil, à la nuit noire. Elle faisait souvent cela pour chiper en cuisine quelque nourriture pour son bestiau.

- Hum. Bon. Je vous interdis de quitter le manoir tant que je n'aurai pas découvert le meurtrier. Et si l'un de vous m'a menti, il lui en cuira !